29 octobre 2007
Le dialecte Alsacien
Aire linguistique
– L’Alsace appartient, comme un bout de la Moselle, à l’aire linguistique germanique qui est divisée en plusieurs grandes familles de dialectes. C’est ainsi que l’alémanique, qui coïncide avec les territoires des anciens Alamans du début du Moyen Âge, s’étend sur la Suisse, le Sud-Ouest de l’Allemagne et la plus grande partie de l’Alsace. En revanche, les façons de parler de la région de Wissembourg et de Moselle correspondent au francique issu des Francs qui s’étaient installés dans la région du Rhin.
Mais rien n’est simple, car la division politique de ces régions, qui a duré jusqu’à l’annexion par les Roys de France, a favorisé les particularismes et les façons locales de s’exprimer. D’autre part, la frontière linguistique qui s’est fixée un peu avant l’an mille n’a jamais correspondu aux frontières provinciales. Une partie des hautes vallées vosgiennes a toujours parlé un dialecte roman rattaché aux parlers lorrains et que leurs voisins appelaient le « welche ». Ce terme désignait tous ceux qui ne faisaient pas partie de l’aire des parlers germaniques. Les évènements politiques sont venus ensuite compliquer les choses. Le français et l’allemand sont entrés en concurrence à cause de la succession des annexions et des rattachements. Ces deux langues ont d’ailleurs joué chacune un rôle très différent au cours des trois derniers siècles. Le français a fourni un vocabulaire abondant prononcé « à l’alsacienne » et qui s’est intégré au dialecte.

Entrée en résistance
– L’allemand correspondait davantage à l’expression écrite de la population qui le comprenait naturellement. Il a eu cependant trés peu d’influence sur le dialecte et la façon dont il fut imposé après 1871 n’a pu que créer un sentiment de rejet. Cette résistance fut symbolisé par les sœurs de la Divine Providence, qui ont fait de leurs écoles des foyers de culture et d’esprit français. En revanche, après 1918, des mesures plus que maladroites de francisation brutale (exemple : laïcité imposée), par la république jacobine, ont nourri le mouvement régionaliste. Après la Seconde Guerre mondiale, le bilinguisme français-alsacien est rapidement entré dans les faits, ceci résultant de l'interdiction de l'enseignement de l'allemand dès 1945. Cependant le dialecte est aujourd’hui en recul (pour ne pas dire en voie d'extinction) face au français favorisé par l’école et la télévision. En revanche, l’enseignement de l’allemand (qui a repris dans les années 50), qui reste bien compris d’une partie de la population, se développe, dans les classes bilingues franco-allemandes encouragées par le rapprochement des deux pays.
19:25 Publié dans Identité Alsacienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Dialecte, Alsace, RF, Renouveau, Français



