29 octobre 2007
Les Serments de Strasbourg, Die Strassburger Eide
14 février 842 après J.C.
L'empire de Charlemagne fut immense. Le fils de Charlemagne, Louis-le-Pieux, ne parvint pas à se faire obéir par ses propres enfants. La discorde pour le partage de l'empire ne cessa pas après sa mort, en 840. Contre Lothaire qui voulait régner sur tout l'empire, Charles-le-Chauve et Louis-le-Germanique s'associèrent. Pour sceller leur alliance, ils se rencontrèrent à STRASBOURG. Le 14 février 842, ils se jurèrent mutuellement assistance et fidélité, chacun dans la langue qu'entendait les soldats de l'autre, Louis en roman, Charles en tudesque. Les textes de ces serments nous ont été transmis par Nithart, un petit-fils de Charlemagne qui avait assisté personnellement à cette entrevue, dans son "Histoire des fils de Louis-le-Pieux" conservé à la Bibliothèque Nationale.
Ces serments constituent le premier document bilingue français et allemand, dont les textes suivent.
Louis-le-Germanique (en langue romane) :
"Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son frada salvar dift, in o quid il mi altresi fazet et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui, meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit."
Ce qui donne en langue française :
"Pour l'amour de Dieu et le salut commun du peuple chrétien et le nôtre, à partir d'aujourd'hui, autant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit justement secourir son frère, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne prendrai jamais aucun arrangement avec Lothaire, qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles."
Charles-le-Chauve (en langue tudesque) :
"In godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gehaltnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir got gewizci indi mahd furgibit, so hald ich thesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu thaz er mig so sama duo, indi mit Ludheren in nohheiniu thing negegango the minan Willon imo ce scadhen werdhen."
Ce qui donne en langue allemande :
"Aus liebe zu Gott und um des christlichen Volkes und unser beider Heil von diesem Tage an in Zukunft, soweit Gott mir Wissen und Macht gibt, will ich diesem meinem Bruder helfen, wie man von rechtswegen seinem Bruder helfen soll, unter der Voraussetzung, dass er mir dasselbe tut ; und mit Lohtar will ich auf keine Abmachung eingeben, die mit meinem Willen diesem meinem Bruder schaden könnnte."
19:45 Publié dans Histoire Alsacienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Serment, Strasbourg, Alsace, RF





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